Association : Conférence avec le Bertrand Méheust
Notre société accumule les prouesses techniques mais elle ne sait pas résoudre l’équation de base. Alors que nourriture, eau et médicaments existent en quantité suffisante, une grande part des habitants de notre planète n’a pas accès au minimum vital. « Penser global, agir local » écrivait le grand Jacques Ellul.
C'est le propos introductif du site de l'association Echange Non Marchand (E.N.M), une association de solidarité avec Madagascar . Le vendredi 27 janvier 2012, l'antenne auxerroise de l'E.N.M organisait une conférence avec le sociologue Bertrand Méheust sur le thème : "Nos sociétés peuvent-elles encore se révolter ? L'homme est-il trop domestiqué ? On connait tout sur l'écologie, mais on ne fait rien. Pourquoi ?"
Cette conférence est relatée par notre excellent confrère Auxerre TV titrant : La "surchauffe" de Bertrand Méheust" , où il est écrit : "L'auteur de la politique de l'oxymore, décrit une "stratégie subtile" utilisant une image et son contraire pour évacuer la véritable problématique et égarer les esprits. L'exemple le plus éclairant d'un oxymore à la mode est "le développement durable". L'association de ce mot et de cet adjectif est parfaitement contradictoire.
Ce n'est pas tant la "société" qui tend à persévérer dans son être, ce qui serait naturel, mais une certaine "élite", qui bien qu'en panne d'efficacité, tend à vouloir conserver ses privilèges. Dans tous les groupes sociaux, une élite se forme et elle est d'autant plus supportée, sinon acceptée, qu'elle permet à d'autres plus en retrait de profiter de cette dynamique, voire de rêver les rejoindre. Toutefois, le système se bloque quand il n'y a plus cette diffusion pyramidale et qu'elle ne s'effectue plus que par capillarité et diffusion diffuse et confuse, où le corps intermédiaire de la pyramide, s'effondre sur sa base. Il n'y a pas ici de considération morale, mais juste thermodynamique, où un système clos, voit son entropie augmentée. La situation est cyclique, s'il est naturel qu'un groupe social génère une élite, cela devient préoccupant pour lui quand celle-ci s'auto-reproduit, et se replie sur elle-même. Le cycle naturel est celui d'une "re-évolution" périodique, qui si elle est empêchée, débouche souvent sur une "révolution".
On aura beau jeu de remarquer que cette élite tente de repousser l'échéance de cette "re-évolution" nécessaire, pour tenir un discours où il faudrait "s'adapter" à la "crise", avoir du "courage", alors qu'ils sont eux-mêmes la cause du problème, pour avoir trop profité du système. L'intention du discours serait de "domestiquer", sinon d'asservir, les membres de la société, pour leur laisser croire que les causes sont extérieures, quitte à s'inventer, voire se fabriquer de toutes pièces, un ennemi. Ces mécanismes d'autoprotection des castes dirigeantes sont vieux comme l'humanité, et ils se fondent sur la propagande, la désinformation, et jouent sur les peurs qui agitent la société. Le leitmotiv est constant : "c'est nous ou le chaos". Quand cette élite n'apporte plus de solution, autre que son seul maintien, au détriment du corps social, elle devient alors le problème pour la société.
Ce qui est consternant, sinon criminel, c'est que cette élite en vient à théoriser le "chaos" et jouant de ces "oxymores" que souligne Bertrand Méheust, invente une "théorie du chaos constructeur". On pourra remarquer que de tout temps les rois ont fait des guerres, pour détourner l'attention des peuples de leurs misères domestiques. Pour autant dans ces phénomènes cycliques, on doit prendre garde à la coïncidence des cycles qui risquent d'amplifier l'amplitude des phénomènes. L'évolution des société, s'effectue sur un temps long, où l'on retrouve d'autres systèmes dans lesquelles ces sociétés sont incluses : les "civilisations".
Le constat se situe cette fois dans un cycle plus long, il ne s'agit plus de "société", mais de "civilisation" et d'aucuns, comme Samuel Huntington ont théorisé sur le "choc des civilisations". Plutôt que "choc" on peut envisager qu'à l'instar de la "tectonique des plaques", il s'agit du mouvement relatif de l'expansion de doctrines politico-religieuses. Le mouvement est avant tout "spirituel", bien avant le mouvement physique et le déplacement des peuples. L'analogie avec la tectonique, laisse à penser qu'il s'agit de pression et non de choc, de pressions qui s'effectuent sur un temps long, où chaque plaque politico-religieuse s'effrite, pour parfois connaitre des séismes locaux. Force est de constater que la "plaque occidentale", après avoir été hégémonique durant le dernier millénaire, s'effrite et se fracture. L'élite occidentale tente par tous les moyens de préserver ses privilèges, mais pour combien de temps encore ?
Écrit par BRIGADIER Lien permanent | Commentaires (0)













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