Association : Le banquet républicain de l'UFAL
Vendredi 9 décembre, à 19h, l'association UFAL de l'Yonne (Union des Familles Laïques) organisait salle Vaulabelle à Auxerre, en partenariat avec la ville d'Auxerre, un Banquet Républicain en commémoration du 9 décembre 1905, date de promulgation de la Loi dite de 1905 sur la laïcité de l'Etat.
Dans la tradition des banquets républicains, dans une ambiance fraternelle et conviviale, ont alterné tant les petits plats préparés par Thomas Fleury un des bénévoles de l'UFAL, que des propos sur la laïcité, la République et ses valeurs, le tout donnant lieu à force "santés" que les bourguignons affectionnent.
>> Voir : menu_banquet_auxerre_091211.pdf
L'apéritif : Le propos d'accueil, fut donné par le président de l'UFAL de l'Yonne : Michel Canet, devenu nouveau président national. Mais avant les propos, forcément de haute tenue, ce qui était remarquable, c'était déjà le service de table, effectué par des bénévoles de l'UFAL où l'on pouvait voir à l'oeuvre ici un chirurgien renommé, là un enseignant, là encore un médecin et bien d'autres bénévoles assurant un service bon enfant. N'est-ce pas l'expression d'une fraternité, en se mettant au service des autres quelque soit son statut personnel ? Voila bien une excellente mise en bouche.
La "Mousseline de cèpes" : Le Maire d'Auxerre : Guy Ferez, présenta la laïcité comme un concept, et comme tel qu'il se devait d'être en phase avec l'époque et peut-être évoluer avec elle. Dans son sens contemporain du "vivre ensemble", il importe que ce ne soit pas vivre les uns à côté des autres, en s'ignorant dans un repli communautarisme, mais de vivre ensemble, les uns avec les autres, dans le respect de nos différences et dans le partage des valeurs de la République. Le propos était bien en harmonie avec la "mousseline de cèpes", dans la douceur du "vivre ensemble", on sentait bien la saveur forte et prégnante des valeurs de la République.
Le "Ballotin de saumon et crème de ciboulette" : Michel Morineau, que l'on ne présente plus, fit un remarquable exposé : "Du 4 septembre au 9 décembre". Du 4 septembre 1904, date du fameux discours du "Petit père Combes" à Auxerre, jusqu'au 9 décembre 1905, date de promulgation de la loi sur la Laïcité de l'Etat. D'aucuns diront qu'entre ces deux dates on est passé d'une laïcité de combat, à une laïcité de consensus. Michel Morineau parlera d'une laïcité de responsabilité. Curieusement dans le "ballotin de saumon", le filet de saumon cercle et maintien la préparation à la crème de ciboulette, en serait-il de même avec la laïcité qui maintiendrait l'unité de la République ? On peut alors penser qu'il serait prudent de te pas trop jouer avec ce filet qui maintient l'unité, si l'on ne veut pas se retrouver comme des ballots avec la farce du ballotin sur les genoux.
Le "Gratin de noix de saint-jacques et gambas sur lit de poireaux" : là dans cette composition où chaque met mélange sa saveur aux autres, je suis dans l'incapacité de vous dire ce que j'ai le plus aimé car tout était nécessaire ; j'ai tout mangé avec délice. Que ce soit le propos de Michel Canet citant Gambetta, ou celui de Paul Chytelman, incarnant dans sa chair la mémoire des méfaits de l'intolérance nazi, ou encore le propos de Vincent Didier sur cette nécessaire, cette indispensable tolérance, mais qui ne peut s'exprimer qui si elle est mutuelle et réciproque. Un vrai délice, même si à cet instant du banquet chacun pouvait déjà se sentir un peu rassasié.
La "Salade et mendiants au bleu" : Lancer le débat avec la salle, sur fond de salade, comme on dit il faut oser. Mendiants au bleu, est-ce celui du drapeau de la République, qui jouxte le blanc et le rouge, comme pour rappeler la nécessaire unité dans la diversité ? Comme dans toute salade, la sauce à son importance, une pointe de vinaigre balsamique vient agacer les papilles, pour les rendre réceptives à cette diversité de saveurs. Cette pointe révélatrice, n'est-ce pas, comme le dira un intervenant, la place de la famille dans l'apprentissage de ces valeurs de la République. N'est-ce pas celle de cette grande famille qu'est l'école, l'école de la République, dans l'apprentissage du "vivre ensemble" ?
Le "Feuilleté aux pommes et crème fouettée" : Conclure par des douceurs, certes elles laissent un goût d'espérance, mais prenons garde à ce que le dessert ne desserve pas la cause qui nécessite de poursuivre le travail, voire le combat, pour garder une certaine appétence à poursuivre l'effort avec force et vigueur. Dans cette perspective le menu du banquet comportait un formulaire d'adhésion à l'UFAL. Une invitation à rejoindre une association qui sait si bien dire les choses, qu'on en mangerait encore.
Ah d'aucuns diront que je n'ai pas parlé des boissons, qui ont accompagné ce Banquet. Peut-être parce que nous touchons là au subliminal, à un symbolisme sur lequel vous n'êtes pas obligé de me suivre. Le crémant était celui de "La Veuve Ambal", peut-être y avait-il des "enfants de la veuve" dans la salle ? Le blanc était d'Alsace, Riesling et Gerwutztraminer, de cette Alsace encore concordataire, était-ce une provocation en terre bourguignonne ? Le rouge était un "Fronsac 2009", un vin du vignoble du Libournais comme héraut de la laïcité, oui pourquoi pas, mais un vin de l'Hérault eût pu suffir pour ne pas casser ma symbolique. En tout état de cause, cette convivialité empreinte de sens, chargée de symbolisme, m'a donné l'envie de poursuivre plus avant avec la "famille laïque", et avec sa grande soeur "l'école de la République", toutes deux filles d'une République laïque et sociale. Une envie que j'espère avoir partagée avec vous.
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Écrit par BRIGADIER Lien permanent | Commentaires (0)













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