Déontologie ou des hontes au logis ?
"Je ne sais pas ce qu'est devenu le journalisme, mais en tous les cas les médias ont tiré un trait sur la déontologie : pluralité et indépendance des sources, transformation de conditionnel en titres affirmatifs... Au profit d'un système qui les fait vivre. La France n'est plus une démocratie, le Conseil National de la Résistance doit se retourner dans sa tombe (cf. indépendance des médias de son appel à la résistance)".
Ce commentaire est celui d'un des lecteurs du Monde.fr et il ne peut qu'interpeler tout journaliste, même amateur. Les médias sont comme des fontaines où coule l'information, et on vient s'y abreuver sans connaitre les méandres de la tuyauterie, ni la qualité du produit transporté. Est-ce bien toujours une eau pure et limpide ? Cette simple analogie, permet de situer l'étendue de ce qui nous interpelle : le consommateur, les tuyaux et la qualité du produit diffusé.
Le consommateur déjà, exige que le débit du produit soit constant, qu'il ait un goût et une odeur qui sinon de les apprécier, il a l'habitude de consommer. Dans un monde consumériste, dominé par le "marché", on ne doute pas de trouver tout type de produit, dès lors qu'il y a des consommateurs pour l'acheter. Dans les produits destinés à la consommation de masse, on ne sera pas étonné qu'il y ait un formatage pour correspondre au gout du plus grand nombre. Les "mass-média", deviennent alors des " mainstream", où le produit à un goût, une coloration artificielle. Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, me direz-vous, mais d'aucuns ne chercheraient-ils pas alors à nous enivrer à l'insu de notre plein gré ?
La tuyauterie maintenant, ah la tuyauterie, on ne se souvient pas assez des dégâts du saturnisme, quand les tuyauteries étaient en plomb. Aujourd'hui la tuyauterie appartient à des grands groupes financiers, qui sont loin d'être des philanthropes, aussi il doit bien y avoir des raisons pour qu'ils acceptent de perdre de l'argent dans l'acquisition de ces tuyaux ? Cette tuyauterie est constituée de tous les moyens de diffusion, tant des produits physiques, qu'immatériels comme l'information. Contrôler ces circuits de diffusion, c'est contrôler tous les circuits d'irrigation du corps, et donc contrôler le corps entier. En jouant opportunément, sur le débit et la qualité de ce qui est diffusé, voire à entretenir des pénuries, il est possible de jouer sur le stress social et pratiquer une manipulation sociale.
La qualité du produit enfin, mais souvenons nous qu'il s'agit d'une qualité telle que le consommateur a l'habitude de consommer. Une qualité toute relative. Concernant l'information, la qualité pure et limpide est une denrée rare et donc hors de prix, que seuls quelques grands décideurs, ou grosses fortunes peuvent se payer. Pour le reste, il leur faudra s'abreuver aux fontaines publiques, aux mainstream, qui formatent l'information pour complaire à leurs consommateurs, sans déplaire à ceux dont ils sont la propriété. L'information c'est un peu comme pour la restauration, rien ne nous oblige à consommer dans les grandes enseignes, mais trouver le petit restaurant qui va bien, c'est du boulot. En avons-nous le temps, le voulons-nous vraiment, mais quoi qu'il en soit avec un peu d'esprit critique, rien ne nous oblige (enfin pas encore) à ingurgiter les salades que l'on nous donne en pâture.
En conclusion, même un amateur comme moi, se trouve sous la pression d'alimenter son blog, de surveiller les statistiques, et de s'inspirer de tout ce qui se dit ailleurs, car l'info de première main, le scoop c'est rare coco. Aussi ne jetterai-je pas la pierre aux "vrais" journalistes, mais je revendiquerai ici le droit de dire ce qui me plait, voire même des conneries.
C'est ben vrai ça ...
Écrit par BRIGADIER Lien permanent | Commentaires (0)













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